Bai Nhori Drakani

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 Journal de Germinaison

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Jazzy

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MessageSujet: Journal de Germinaison   Lun 22 Sep - 12:30

15-04-2011, 20:37 (Ce message a été modifié le : 15-04-2011 21:40 par Ki'atal.) Message : #1 |
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Journal de Germinaison
Première Partie : A la souche

Je débuterai ce journal de germinaison comme un conte retraçant l'ascendance de notre second enfant afin qu'on puisse aisément comprendre comment nos destins se sont irrémédiablement liés au sien.

En 2481, comme chaque année, le Culte du Grand Dragon s'en était allé en pèlerinage sur le site des fouilles des Plaines de Coriolis. Cinquante ans après le Grand Incendie, le désert avait repris ses droits mais l'endroit restait fort inhospitalier. Le Culte installa son campement au creux d'une petite dune, à l’abri des vents violents qui balayaient la plaine. Parmi eux, de tout jeunes enfants participaient pour la première fois au pèlerinage. Xontia était de ceux-là.

Malgré son jeune âge, cette courageuse petite enfant était impatiente de s'aventurer sur le site légendaire où la colère de Fyrak s'était abattue sur ses ancêtres. Peut-être aurait-elle la chance de trouver un petit morceau de cette matière étrange et inconnue citée dans les Arcanes. Peut-être même verrait-elle les esprits du désert s'approcher du campement durant la nuit. Xontia était toute excitée et bien décidée à ne pas fermer l’œil. Pourtant au petit matin, il ne s'était rien passé.

Fatiguée par sa nuit de veille, Xontia suivit ses parents jusqu'au lieu où, selon la Légende, un temple avait été désensablé un demi siècle plus tôt. Sur place il n'y avait rien d'autre que de la sciure agitée par le vent. Xontia regardait les autres enfants jouer et les adultes psalmodier leurs prières à Fyrak. Elle aurait difficilement pu exprimer la déception qui s'abattait sur ses épaules. Elle n'était définitivement pas d’humeur à jouer et préféra s'isoler, tournant ses yeux vers l'horizon. Des tourbillons de sciures s'élevaient dans les airs, emportés par le vent. Soudain son regard fut attiré par un étrange éclat sur le sol.

Elle s'approcha doucement et commença à retourner délicatement la sciure pour trouver d'où avait pu provenir cette petite lumière. Sa main finit par rencontrer un élément plus froid et compact que de la sciure. Soufflant pour débarrasser l'objet de ce qui l'entourait, Xontia fut frappée par les reflets étranges que l'artefact renvoyait. Un cri d'excitation lui échappa. Il devait s'agir de cette matière inconnue à laquelle les Arcanes faisaient référence. Tournant et retournant cette petite relique entre ses doigts, Xontia remarqua qu'elle formait un petit cercle, un peu comme un anneau. Elle s’apprêtait à l'enfiler à son doigt lorsque ses parents crièrent son nom. Elle enfouit l'artefact dans la petite bourse en peau de mektoub qu'elle dissimulait sous sa veste pour y conserver toutes ses plus belles trouvailles.

Sans trop savoir pourquoi, elle ne dit pas un mot de sa découverte au groupe, d'autant plus qu'ils étaient préoccupés par tout autre chose. Un messager les avait rejoint et tous les adultes priaient de concert, psalmodiant et entonnant de fiévreuses mélopées tout au long de la nuit. Les enfants avaient été tenus à l'écart des discussions mais, alors que ses camarades s'étaient endormis depuis longtemps, Xontia regardait toujours avec inquiétude les fidèles exécuter leurs sombres rites. Quelque chose de grave allait se produire, elle le sentait.

Repensant à sa trouvaille, elle sortit l'anneau et le contempla longuement puis elle l'enfila à son doigt et fut surprise qu'il lui aille à merveilles. Soudain, comme répondant à ses inquiétudes, le sol se mit à trembler. Des cris s'élevèrent parmi les fidèles. Certains tombèrent à genoux. Tous criaient le nom du Grand Incendiaire. Xontia porta de nouveau les yeux sur ses doigts. L'anneau avait disparu. Son corps la picotait comme lorsque toute petite elle s'était faite attaquée par un scorpion de sciure. Elle avait très chaud soudainement. Sa vision devint floue. La dernière chose qu'elle crut voir avant de sombrer dans l'inconscience fut l'ombre d'un insecte gigantesque aux milliers de pattes qui déformait horriblement la ligne d'horizon. Fyrak marchait sur Atys.


Des années plus tard, Xontia rejoignait Pyr parmi des flots d'autres réfugiés. Une immense ville fortifiée s'élevait au cœur du désert. Xontia commença à espérer. Une vie nouvelle l'attendait là. Peut-être retrouverait-elle la sécurité qui était la sienne à Fyre. Mais les cycles défilaient et la jeune homine dut se résoudre à accepter que plus rien ne serait jamais pareille. Sa famille avait entièrement disparue et tous les patriotes qu'elle croisait détournaient les yeux sur son passage. Xontia la Démente était devenue son surnom. Il est vrai qu'elle avait eu de nombreuses absences depuis ce jour-là. Le jour où l'anneau l'avait choisie et s'était uni à elle. Jamais elle n'aurait pu évoquer les expériences mystiques qui étaient les siennes depuis lors. Personne n'aurait compris. Alors souvent, Xontia se confiait à l'artefact et parlait seule durant des heures.

Une quarantaine d'années s'écoula au cours desquelles Xontia finit par fonder une famille. Elle avait renoué des liens avec une cellule du Culte du Grand Dragon demeurée à Pyr après l'exil de la plupart des Fyrakistes au début du règne de Dexton. Ces homins daignaient lui prêter attention et écoutaient même avec plaisir ses divagations. Elle vécut également une courte romance avec un homin tryker et donna naissance à une fille qu'elle prénomma Imala. Mais l'étendue du pouvoir de l'artefact combinée aux ambitions du Culte avait définitivement corrompu sa conscience et elle se voua à servir les intérêts du Grand Incendiaire. Cela lui valut d'ailleurs d'être assassinée par la nouvelle compagne du père d'Imala. Par la suite, la belle-mère d'Imala parvint à la soustraire à la secte de sa mère et à l'élever avec sa propre fille prénommée Taunwe. Le mystère de l'artefact disparut avec Xontia... Du moins, pour une brève période.

Qui aurait cru que le destin d'Imala serait frappé par la fatalité ? Sa belle-mère et sa demi-sœur prirent soin d'elle, mais en grandissant, il devint indéniable qu'Imala développait la même affection inconnue que sa défunte génitrice. Aidée par Taunwe, Imala chercha un moyen de s'en débarrasser et elle comprit que l'artefact se nourrissait de la graine de vie de son hôte, menant celui-ci à la folie et à une lente agonie. Le fruit des recherches d'Imala fut la création d'un anneau d'ambre où elle réussit à piéger les pouvoirs de l'artefact. L'anneau d'ambre fut scellé par un magnétiseur Zoraï. Imala connut alors un court répit mais alors qu'elle venait de concevoir un enfant, la faiblesse la repris avec une rapidité fulgurante. Taunwe la rejoignit alors pour prendre soin d'elle. Lorsqu'il fut évident qu'elle allait bientôt expirer, Imala fit promettre à Taunwe de sauver l'enfant à naître et de l'élever. Ce furent ses dernières volontés.
Seconde Partie : La bouture

Quarta, Germinally 10, 1er CA 2555

Qui aurait cru que ce choix s'imposerait à moi ? J'avais depuis longtemps renoncé à l'idée de porter un enfant et là, soudain, l'opportunité m'était offerte de sauver une graine de vie en l'amenant au terme de sa germinaison. Taunwe m'expliquait comment ils allaient procéder et je l'entendait à peine. C'était comme si un kami murmurait à mon oreille...

J'avais accepté mais le plus ardu restait à venir. Il nous fallait convaincre un guérisseur du bien fondé de notre démarche, ce qui n'allait pas être une tâche facile quand on sait l'aversion de mon peuple pour la pratique de la bouture. Nous finîmes tout de même par rallier un guérisseur à notre projet à force d'arguments spirituels. Nous étions alors inspirés par les Kamis mais je n'avais pas encore réalisé ce qu'il nous faudrait encore accomplir.

Un jour de germinally, Imala fut amenée au monastère de Zora. Sa graine de vie était arrivée à son terme et ses yeux avaient perdu tout leur éclat. Elle semblait comme inconsciente de ce qui l'entourait. Les bonzes m'installèrent à côté d'elle et nous priâmes ensemble pour la survie de l'enfant d'Imala. Le guérisseur vint ensuite vérifier mon cycle de floraison puis apposa des amplificateurs magiques sur mon abdomen et entama une stance. Je sentis mon corps se réchauffer tandis qu'il se préparait à la germinaison.

Pendant ce temps, Taunwe revoyait les détails de la procédure. Elle s’apprêtait à créer un flux de sève pour transplanter la jeune graine à naître du corps d'Imala au mien. Je priais de tout mon cœur les Kamis de nous permettre de sauver ce petit être. Sur les conseils du guérisseur, je commençais à méditer. Je me concentrais sur l'odeur florale qui nous parvenait du dehors. Le chant frénétique des oiseaux résonnait dans mon crâne, célébrant l'éclosion des bourgeons et la splendeur de la floraison.
Troisième Partie : Aux racines du rêve

Prima, Mystia 19, 1er CA 2555

En cette nuit hivernale, dans un petit appartement du Domaine Win-Cho, au cœur de la Cité-Temple de Zora, deux homines tendrement enlacées, dormaient d'un sommeil paisible. Taunwe avait la main posée sur mon ventre afin de ressentir les mouvements du bébé.
Je me réveillais soudain. En me levant, j'écartai délicatement le bras de mon épouse avant de me diriger vers la pièce principale. Sur un petit lit, Be'Tsy et Mui-Mui, son yubo, ronflaient à l'unisson. Je m'attendris un moment devant le spectacle de ma fille endormie puis me rendis à la cuisine. Je mis de l'eau à bouillir et pris sur une étagère les plantes séchées et autres champignons que le guérisseur m'avait prescrits. Je me servis un grand bol d'infusion et m'assis à la table, contemplant la vapeur qui s'élevait du bol, dans la pénombre. Je bus l'intégralité du breuvage puis entrai en méditation.

J'entrevis alors un masque devant moi. Il me parlait mais je n'entendais aucun son. J'étais très apaisée. Le masque se détacha progressivement de l'obscurité et je reconnus alors celui de Vai-Atua, le bonze qui avait été mon tuteur, des années auparavant.

Je n'entendais toujours aucun son mais des mains sortirent de l'obscurité. Les mains de Vai-Atua. Elles dansaient devant le masque, exécutant des figures complexes et soudain, je me sentis sortir de mon corps. Je m'élevais vers les idéogrammes gravés au plafond. Je me retournai et me vis assise en tailleur, les mains posées sur mon ventre rebondi. Contemplant Be'Tsy je la vis se retourner dans son sommeil. J'étais désorientée. Ainsi c'était cela le Voyage ? Plusieurs Kwaï'i m'en avait déjà parlé. Vai-Atua le premier.

Le Masque flottait maintenant à côté de moi. Il esquissa un sourire mystérieux et son orifice buccal se remit en mouvement mais cette fois-ci, j'entendis une sorte de chuintement. J'amplifiai le son en me concentrant et se fut alors comme si le vent d'Aeden Aqueous s'invitait en ma demeure, sifflant contre les parois comme un insecte effrayé. En me concentrant davantage, je parvins à distinguer les sons les uns des autres, faisant disparaître le chuintement inouï qui m'entourait. J'entendis alors des idées décousues s'écouler bruyamment pêle-mêle. Je me concentrai encore davantage afin de percevoir les pensées que me communiquait le Masque. C'était comme un flux, comme une rivière qui s'écoulait jusqu'à mon esprit. Le lien s'était créé. Je percevais mon corps en contrebas, reposant paisiblement dans une posture méditative. Je m'éloignais.

Bientôt je me retrouvai dehors, dans la nuit. Mon appartement me paraissait déjà loin. Un ailleurs m'appelait. Le Masque de Vai-Atua flottait toujours à mes côtés. Je traversais Zora enveloppée dans l'obscurité et la neige. Le Masque continuait à me transmettre un flux continu de pensées. Je comprenais certaines choses mais n'aurais pu les mettre en mots.

Tout autour de nous, Atys semblait comme suspendue dans une respiration blanche. Sur les arbres, les feuilles givrées miroitaient sous l'éclat des lunes. Nous nous enfoncions dans la Jungle, toujours liés par une communication muette. Peu à peu - était-ce à cause de l'éclatante blancheur du paysage ? - le mot Ranka s'inscrivit dans mon esprit.

Au détour d'un bosquet, Jen-Laï apparut, plongée sous la neige. Nous traversâmes la Cité endormie. Le Masque de Vai-Atua trahissait son profond attachement à cette ville. Nous nous enfonçâmes ensuite dans la région du Nœud de la Démence où la neige côtoyait la Goo. Nous survolions Timari et Najab, dormant à l'abri de quelque aspérité d'Écorce. Sans trop savoir qu'est-ce qui m'y poussait, je me dirigeais vers le campement des Illuminés.

Près d'un feu de camp, une matis psalmodiait une très ancienne prière : "(...) Jena'o Kaiho'i yumé zo'laï !". Toujours suivie du masque de Vai-Atua, je me rapprochai de l'homine contaminée qui semblait en transe. Soudain l'illuminée se tourna vers nous. Ses yeux étaient révulsés et sécrétaient une substance répugnante mais elle semblait voir au-delà de la dimension homine. Elle s'adressa à moi en ces termes "Tu viens à nous accompagnée d'un esprit captif du rêve pour accomplir le rite de germinaison".

Lorsque je sortis de méditation, je vis Taunwe assise à la table en face de moi. Elle me sourit et nos mains s'unirent. Je m'entendis lui murmurer : "Il s'appelle Ranka... Notre enfant s'appelle Ranka !"
Quatrième Partie : Maturation

Holeth, Nivia 30, 2e CA 2555

La nuit tombait sur la jungle. Je rentrais à Zora après avoir participé à un cours à Jen-Laï lorsque je sentis que le bébé arrivait. Soutenue par Taunwe, je me dirigeais vers le monastère puis je restais avec La-Viang et Taunwe courut chercher le guérisseur. Uma rentra sur ces entrefaites et me voyant sur le point d'accoucher, elle alluma les encensoirs et y fit brûler des résines. Une odeur relaxante emplit bientôt la pièce où nous nous trouvions. Je fermais les yeux et tentais de me détendre du mieux que je pouvais. La-Viang épongeait mon masque pour me rafraichir.

Taunwe finit par revenir avec notre guérisseur ainsi que le bonze Chaoi. Ce dernier entonna alors un chant sacré litanique rythmé par son petit moulin à prières. J'écartais les mèches givrées encadrant le visage de mon épouse et réchauffait ses mains dans les miennes. D'un sourire, je tentais de dissiper ses inquiétudes. Le guérisseur m’ausculta puis il me dit que la poussée allait commencer. Je devais suivre le flux, l'accompagner. Je fit le vide, me concentrant sur la litanie kamique et l'odeur suave de la pièce. Je me préparai.

Soudain je sentis tout mon corps se mobiliser dans la poussée. Mon masque ruisselait de sueur et mon ventre était agité comme un psykopla sur le point d'exploser. Uma et Taunwe chantaient avec Chaoi et le guérisseur m'exhortait à pousser. Ce n'est qu'au bout de plusieurs heures que nous fûmes tous soulagés d'entendre le premier cri de Ranka résonner dans le monastère.

Je remerciais les Kamis en pleurant lorsque Taunwe posa Ranka sur ma poitrine. Je regardais cet être à l'apparence si fragile et je voyais sa ténacité, sa force et son courage. Cette petite graine s'était battue avec nous pour qu'advienne cet instant. Je plongeais mon regard dans les yeux baignés de larmes de Taunwe et j'eus une pensée pour Imala dont la dernière volonté venait d'être exaucée
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